كلمات Mes Mots Molotov
Je me réveille la boule au ventre
Je me rappelle que j'ai bâti mon monde sur vos cendres
Question, je me bats ou j'abdique ?
(19) 91, le Vlaams Block fait son entrée politique
30 ans après, la paille dans le Capri-Sun
Ils font tous la holla pour les nouveaux Number Ones
Parie sur nos vies
Dans un pays où le chef d'orchestre est un parti néo-nazi
Ils chantent les dangers du communautarisme, bétoniser
Dans nos quartiers qu'ils ont eux-mêmes ghettoïsés
L'exclusion sur tous les fronts
Mais tenir le banc avec ses frères de conditions, c'est à leur yeux le crime de trop
L'humiliation suprême voudrait que tu portes en toi
La haine des tiens, de tes origines, la honte de soi
La honte de ta religion
cimer ton frère, ta soeur, c'est peut-être ta manière à toi de faire la révolution
Merde, la honte devait changer de camp,
Et pas s'enraciner dans les lymbes de nos subsconscients
La honte devait changer de camp
Et pas nous obliger à vivre hors-champ
Dans nos cerveaux de métèques
On a autre chose à foutre que d'islamiser vos tronches de cakes
Vaguement puéril, notre temps on le passe
Surtout à survivre dans un environnement hostile
Mon coeur est un brasier,
Mon esprit à l'Everest
Mes mots sont molotov
Un cocktail de tristesse
Mes mains finissent de ramasser
Tout ce que j'ai comme richesse
Pour vous, mes soeurs, mes frères
J'aurai toujours de la tendresse
De l'amour jusqu'à l'ivresse
91-21, ça sature
C'est toujours la même merde derrière la dernière couche de peinture
Ouais, cultive le déni
On a jamais vu de changement, on en a vu que le vernis
Gamin déjà, on apprend à encaisser, à lancer les dés
Dans une partie qu'on sait truquée
Rechercher un idéal
Se fait rare comme un crabe ici qui serait pas fiché à la Sûreté Nationale
Prenez les mêmes, recommencez, contrôle d'identité
Dans un pays qui te demande chaque jour de l'effacer
On a dû se rappeler de nos origines, nos aïeuls,
Quand on se prenait le bottin du Commissaire dans la gueule
Y'en a pour qui ça défoule
Je revois leurs sourires satisfaits quand ils nous traitaient de bougnoules
Soumis au rythme de vos humeurs,
On avait plus d'ambition que de finir comme comptoir à Post-It
Fais le taff comme une sordide rumeur
Chaque jour qui se vide, on vit votre racisme comme une tumeur
Devenus officiels passoires, y'a pas d'estime, à servir chaque jour dans les médias de crachoir
On refera le monde chaque soir
Rétrospective de nos luttes, de nos défaites et de nos victoires
91 pour vous, des flammes qui se mettaient à danser
Pour nous, c'était le chant de la dignité